Les délais de paiement constituent l’un des problèmes les plus sous-estimés dans la gestion financière des PME africaines. Une entreprise peut afficher un chiffre d’affaires élevé et pourtant souffrir d’un manque chronique de trésorerie si ses clients paient tardivement.
Selon la Banque mondiale et diverses études sur les PME dans les économies émergentes, les retards de paiement augmentent significativement le risque de défaut. En Afrique francophone, où les cycles de paiement peuvent dépasser 60 à 90 jours dans certains secteurs, cette réalité fragilise les entreprises.
Prenons un exemple précis. Une PME béninoise fournit des équipements à une grande entreprise publique. Son contrat annuel est de 300 millions FCFA, mais les paiements interviennent en moyenne à 90 jours. Pendant ce délai, la PME doit payer ses fournisseurs à 30 jours et ses salariés mensuellement. Ce décalage crée un besoin en fonds de roulement permanent.
Les banques analysent ces cycles d’exploitation. Si les délais clients sont trop longs et non maîtrisés, le risque augmente. Une PME doit soit négocier des acomptes, soit intégrer un financement de BFR dans son plan.
Il existe des solutions : affacturage (factoring), escompte bancaire, négociation contractuelle. Cependant, ces outils restent sous-utilisés en Afrique francophone.
La bancabilité dépend fortement de la maîtrise du cycle de trésorerie. Une entreprise qui subit ses délais clients devient vulnérable.
La gestion active des délais de paiement n’est pas un détail administratif. C’est un levier stratégique d’accès au financement.