Amadou Diarra
12 Feb
12Feb

Face à la complexité croissante des exigences bancaires et institutionnelles, les cabinets spécialisés en montage de dossiers financiers connaissent une expansion rapide en Afrique francophone. Leur rôle est simple en apparence : transformer une idée entrepreneuriale en dossier structuré, conforme aux critères des banques ou bailleurs. Cette activité prospère dans un contexte où la bancabilité devient technique et normée.


Leur modèle économique repose généralement sur des honoraires fixes ou un pourcentage du financement obtenu. Dans certains cas, les commissions peuvent atteindre 5 à 10 % du montant mobilisé. Ce modèle peut être rentable pour les cabinets performants, mais il pose une question stratégique pour les entrepreneurs : la valeur créée est-elle durable ou ponctuelle ?


Le principal avantage est la professionnalisation du dossier. Les consultants maîtrisent les attentes des banques, les exigences réglementaires et les structures financières adaptées. Cela réduit l’asymétrie informationnelle entre entrepreneurs et financeurs. Selon l’OCDE (Financing SMEs and Entrepreneurs), l’accompagnement technique améliore significativement les taux d’acceptation des dossiers.


Cependant, le risque est double. Premièrement, certains cabinets vendent des promesses irréalistes. Aucun intermédiaire ne peut garantir un financement si le projet manque de viabilité économique. Deuxièmement, la dépendance totale au consultant peut empêcher l’entrepreneur de développer ses propres compétences financières.


Un cabinet de qualité doit agir comme catalyseur, non comme substitut stratégique. L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un financement, mais de renforcer durablement la structure interne de l’entreprise.

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