L’une des erreurs les plus fréquentes des PME africaines est de demander un montant de crédit “à l’intuition”. Or la capacité d’endettement n’est pas une estimation subjective ; elle repose sur des ratios financiers précis. Les banques analysent principalement la capacité de remboursement à partir des flux de trésorerie disponibles. Selon les pratiques bancaires standards et les recommandations prudentielles (BCEAO, normes bancaires régionales), un indicateur clé est le Debt Service Coverage Ratio (DSCR).
Le DSCR se calcule ainsi :Flux de trésorerie disponible / Service annuel de la dette.
Un ratio inférieur à 1 signifie que l’entreprise ne génère pas assez de trésorerie pour couvrir ses échéances. En pratique, les banques exigent souvent un ratio supérieur à 1,2 ou 1,3 pour absorber les imprévus.
Prenons un exemple didactique. Une PME sénégalaise dans la distribution réalise un excédent brut de trésorerie de 30 millions FCFA par an. Elle sollicite un crédit avec des échéances annuelles de 25 millions FCFA. Son DSCR est de 1,2. La marge de sécurité est faible. Si ses ventes baissent de 10 %, elle entre en tension. Une banque prudente peut considérer le dossier fragile.
Au-delà du DSCR, la capacité d’endettement dépend également du ratio d’endettement global (dettes / fonds propres). Une PME trop dépendante du levier financier est plus vulnérable aux chocs. La Banque mondiale souligne que les entreprises à faible capitalisation sont plus exposées aux crises économiques.
La conclusion stratégique est claire : avant de demander un crédit, une PME doit modéliser ses flux sur plusieurs scénarios (optimiste, central, pessimiste). L’endettement n’est pas un levier neutre. Il amplifie les performances, mais aussi les fragilités.