Moussa El Hadj Sow
17 Feb
17Feb

Dans l’écosystème entrepreneurial africain, le chiffre d’affaires est souvent présenté comme l’indicateur ultime de performance. Pourtant, pour une banque ou un investisseur, le chiffre d’affaires isolé ne signifie presque rien. Ce qui compte réellement, c’est la rentabilité, la stabilité des flux et la capacité de génération de trésorerie.


Selon les principes financiers standards utilisés par les banques (et rappelés dans les guides IFC sur l’analyse crédit PME), un chiffre d’affaires en forte croissance mais accompagné de marges faibles ou irrégulières augmente le risque de défaut. Une entreprise peut doubler ses ventes tout en détériorant sa trésorerie si ses délais clients s’allongent ou si ses coûts explosent.


Prenons un exemple concret. Une PME malienne dans la distribution réalise 500 millions FCFA de chiffre d’affaires annuel avec une marge nette de 3 %. Son bénéfice est donc de 15 millions FCFA. Elle demande un crédit avec des échéances annuelles de 20 millions FCFA. Même avec un chiffre d’affaires élevé, sa capacité de remboursement est insuffisante.


À l’inverse, une PME togolaise réalisant 150 millions FCFA avec une marge nette de 20 % génère 30 millions FCFA de bénéfice. Elle peut supporter un endettement raisonnable.
Le chiffre d’affaires impressionne. La marge rassure.La trésorerie décide.


La croissance saine est celle qui renforce les flux disponibles, pas celle qui augmente seulement le volume.

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