Ibrahim Konaté
17 Feb
17Feb

Dans la majorité des discussions sur le financement des PME africaines, la gouvernance interne est rarement mentionnée. Pourtant, pour une banque ou un investisseur, elle constitue un critère déterminant. Le financement ne repose pas uniquement sur les chiffres ; il repose aussi sur la capacité organisationnelle à exécuter une stratégie.
Selon les études de l’IFC sur la gestion des PME dans les marchés émergents, les entreprises disposant de structures de gouvernance formalisées (comptabilité structurée, séparation des fonctions, procédures écrites) ont un accès au financement significativement plus élevé. La gouvernance réduit le risque opérationnel perçu.
Prenons un exemple concret. Deux entreprises guinéennes sollicitent un financement de 150 millions FCFA pour expansion régionale.
La première fonctionne de manière centralisée : le fondateur gère les ventes, la trésorerie, les achats et les négociations. Aucune délégation formelle n’existe.
La seconde dispose d’un responsable financier identifié, d’un chef d’exploitation, et de procédures écrites pour les décaissements supérieurs à un certain seuil.
La seconde structure offre une continuité opérationnelle. En cas d’indisponibilité du dirigeant, l’activité continue. Pour un financeur, cette résilience organisationnelle réduit le risque.
La gouvernance ne signifie pas bureaucratie excessive. Elle signifie clarté des rôles, formalisation minimale et traçabilité décisionnelle. Dans les économies où l’environnement est volatile, la gouvernance interne agit comme un stabilisateur.
En Afrique francophone, de nombreuses PME restent familiales et centralisées. Cette structure peut fonctionner à petite échelle, mais devient un frein dès qu’il s’agit d’accéder à des financements importants. La professionnalisation est un levier stratégique.
L’accès au financement n’est pas seulement financier. Il est institutionnel.

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