L’Afrique a vu émerger plus de 600 hubs technologiques et incubateurs ces dernières années, selon le rapport GSMA (African Tech Hubs, 2022). Cette croissance spectaculaire traduit un dynamisme entrepreneurial réel. Mais derrière l’enthousiasme, une question stratégique demeure : tous ces incubateurs créent-ils réellement de la valeur économique durable ?
Un incubateur efficace apporte trois leviers mesurables : réseau qualifié, structuration stratégique et crédibilité institutionnelle. Sans ces trois éléments, il devient un simple programme de formation généraliste. Or beaucoup de startups entrent en incubation sans modèle économique stabilisé. Elles confondent accompagnement et substitution. L’incubateur ne remplace pas la discipline entrepreneuriale.
Les études de la Banque mondiale sur les écosystèmes entrepreneuriaux montrent que l’impact des incubateurs dépend fortement de la maturité des projets. Les startups déjà structurées tirent davantage profit des connexions et de la visibilité. Celles qui sont au stade d’idée repartent souvent avec peu d’effet concret.
Il existe également un biais médiatique : l’accent est mis sur les levées de fonds spectaculaires, alors que la majorité des startups incubées ne lèvent pas de capital significatif. Les données Partech Africa (2023) montrent que les levées restent concentrées dans quelques pays et dans des secteurs technologiques spécifiques.
Un incubateur est donc un accélérateur, pas un créateur magique de succès. L’entrepreneur doit entrer avec une vision claire et utiliser l’incubation comme levier stratégique, non comme béquille.