Recevoir un financement ne garantit pas la croissance. En Afrique, de nombreuses PME obtiennent un crédit ou une subvention mais échouent à transformer ce capital en expansion durable. Selon l’IFC, le principal obstacle à la croissance des PME dans les marchés émergents n’est pas seulement l’accès au capital, mais la capacité de gestion post-financement. L’argent agit comme un amplificateur : il renforce une structure solide, mais expose une organisation fragile.
Le premier problème est l’allocation inefficiente du capital. Beaucoup d’entreprises utilisent le financement pour couvrir des charges immédiates plutôt que pour investir dans des actifs productifs. Or la croissance exige des investissements structurants : systèmes, logistique, compétences. Selon l’OCDE (Financing SMEs and Entrepreneurs Report), la mauvaise gouvernance financière est l’un des facteurs majeurs d’échec après financement.
Deuxième difficulté : l’absence de planification stratégique. Une PME financée doit passer d’une logique de survie à une logique de scalabilité. Sans indicateurs clairs, la croissance devient chaotique. Les banques financent la stabilité, pas l’improvisation.
Troisième facteur : la dépendance au fondateur. Tant que la gestion repose sur une seule personne, la croissance plafonne. La délégation, la formalisation des processus et la professionnalisation sont indispensables.
Le financement est un levier, pas une solution magique. Les PME qui réussissent après financement sont celles qui ont préparé leur structuration avant de recevoir l’argent.