Bachir DIOP
31 Jan
31Jan

Beaucoup d’entrepreneurs africains font la même erreur : chercher un financement avant d’avoir construit une entreprise crédible. Ils pensent que l’argent va résoudre les problèmes de départ, alors qu’en réalité il les amplifie. Sans modèle économique clair, sans clients réels et sans organisation minimale, un financement précoce devient un piège. Selon l’IFC et la Banque mondiale, une grande partie des échecs de PME financées trop tôt est liée à une mauvaise utilisation des fonds, faute de structure et de pilotage.

Le financement n’est pas un point de départ, c’est un accélérateur. Lorsqu’un business n’a pas encore prouvé qu’il peut fonctionner seul, l’argent extérieur crée une illusion de solidité. Charges inutiles, recrutements prématurés, investissements mal ciblés : l’entreprise brûle des ressources sans avoir validé ses fondamentaux. C’est pour cette raison que les banques et investisseurs sérieux préfèrent financer des projets déjà disciplinés plutôt que des idées encore fragiles, même prometteuses.



Les entreprises qui deviennent bankable savent attendre le bon moment. Elles utilisent d’abord leurs propres moyens pour tester, corriger et structurer. Une fois les indicateurs clairs, le financement devient un levier puissant, pas une béquille. En Afrique comme ailleurs, l’argent ne sauve pas un projet mal préparé. Il récompense une entreprise qui sait exactement pourquoi elle en a besoin et comment elle va le transformer en croissance durable.

Sources de référence : IFC – SME Finance & Early Stage Risk, Banque mondiale (Enterprise Surveys), OCDE – Financing SMEs and Entrepreneurs.

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