Les banques ne refusent pas les PME africaines par manque de liquidités, mais par manque de confiance. Contrairement à une idée répandue, le principal problème n’est ni le taux d’intérêt ni les garanties, mais l’absence de données fiables. Dans la majorité des dossiers déposés, les chiffres sont approximatifs, la comptabilité inexistante ou incohérente, et la vision du business floue. Selon la Banque mondiale, plus de 60 % des PME africaines n’ont pas d’états financiers formels, ce qui rend toute analyse de risque quasi impossible pour une banque.
Une banque ne finance pas une personne courageuse, elle finance un système capable de rembourser. Or beaucoup d’entrepreneurs présentent leur activité comme un effort personnel plutôt que comme une entreprise structurée. Chiffre d’affaires non justifié, trésorerie confondue avec dépenses personnelles, absence de plan clair d’utilisation du crédit : autant de signaux rouges pour un analyste crédit. La BAD et l’IFC soulignent que la majorité des refus de financement sont liés à la qualité des dossiers, pas au potentiel économique des projets.
Enfin, de nombreuses PME sollicitent un prêt au mauvais moment, souvent en situation d’urgence. Or une banque finance une trajectoire, pas un sauvetage. Les entreprises qui obtiennent des financements sont celles qui préparent leur bancabilité bien avant d’avoir besoin d’argent : formalisation, historique financier propre, visibilité sur les flux futurs. En Afrique, comme ailleurs, le crédit n’est pas une solution à l’improvisation, mais une récompense de la discipline.
Sources de référence : Banque mondiale (SME Finance), Banque Africaine de Développement, IFC – Access to Finance for SMEs in Africa.