Bachir DIOP
17 Feb
17Feb

Dans chaque pays d’Afrique francophone, on observe un phénomène constant : certaines PME semblent accéder régulièrement aux financements — banques, fonds publics, investisseurs privés — alors que d’autres essuient refus sur refus. Pourtant, elles évoluent parfois dans les mêmes secteurs et dans le même environnement réglementaire. Cette différence n’est pas liée au hasard. Elle repose sur une architecture stratégique bien précise.

Selon les données de la Banque mondiale (Enterprise Surveys 2020–2023), les entreprises disposant d’états financiers audités ont significativement plus de chances d’obtenir un crédit bancaire que celles qui n’en disposent pas. L’audit ou la certification financière agit comme un signal de crédibilité. Les banques financent la lisibilité.

Le premier facteur différenciant est la traçabilité financière continue. Les PME performantes bancarisent systématiquement leurs flux. Elles évitent la confusion entre dépenses personnelles et professionnelles. Elles produisent des tableaux de bord mensuels. Cette discipline permet de démontrer stabilité et prévisibilité.Le deuxième facteur est la structure du capital. Les entreprises qui obtiennent régulièrement des financements présentent souvent un apport personnel significatif. Selon les pratiques bancaires observées dans l’UEMOA, un apport de 20 à 30 % du projet rassure fortement les banques. Cela démontre engagement et partage du risque.Troisième élément clé : la vision stratégique formalisée. Une PME qui présente un plan d’affaires détaillé sur trois à cinq ans, incluant scénarios de croissance et analyse de sensibilité, se distingue immédiatement. Les banques ne financent pas uniquement le présent ; elles financent une trajectoire.Prenons un exemple concret. Deux entreprises sénégalaises dans la transformation de fruits sollicitent chacune 100 millions FCFA.

  • La première présente des relevés bancaires irréguliers, pas de projection formalisée et aucune séparation stricte des comptes.

  • La seconde présente trois ans d’états financiers, un contrat de distribution signé avec une chaîne de supermarchés, un apport personnel de 25 % et un plan de croissance régional.

La décision bancaire est presque automatique. La différence ne réside pas dans le secteur, mais dans la structuration.

Le financement n’est pas une question de favoritisme. C’est une question de lisibilité et de maturité.

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