Contrairement à ce que pensent beaucoup d’entrepreneurs africains, le chiffre d’affaires n’est pas le premier critère analysé par une banque. Avant même de regarder combien une entreprise gagne, les banques évaluent si elle est compréhensible, organisée et prévisible. Une activité peut générer des revenus réguliers et rester non finançable si elle ne permet pas au banquier de comprendre comment l’argent est produit, contrôlé et sécurisé. Selon la Banque mondiale et l’IFC, le manque de transparence et de structuration est l’un des premiers motifs de rejet des dossiers de PME.
Les banques financent des risques mesurables, pas des paris. Elles cherchent des signaux simples : une entreprise formalisée, des flux financiers identifiables, une séparation claire entre le dirigeant et la société, et une capacité minimale de projection. Sans ces éléments, le chiffre d’affaires devient secondaire, voire suspect. Une entreprise qui vend beaucoup mais qui ne sait pas expliquer ses chiffres inquiète plus qu’elle ne rassure.
C’est pour cette raison que certaines PME modestes obtiennent des financements pendant que d’autres, pourtant plus actives, sont systématiquement refusées. La bancabilité commence avant la performance commerciale. Elle repose sur la clarté, la discipline et la cohérence. En Afrique comme ailleurs, ce ne sont pas les entreprises qui gagnent le plus qui sont financées, mais celles que les banques comprennent le mieux.
Sources de référence : Banque mondiale (Enterprise Surveys), IFC – SME Finance, Banque Africaine de Développement.