La première erreur qui rend un business non finançable est l’absence de structure minimale. Beaucoup d’entrepreneurs africains vendent et encaissent sans comptabilité fiable, sans séparation entre finances personnelles et professionnelles, et sans documents clairs. Pour une banque ou un investisseur, cette confusion est un signal d’alerte immédiat. Selon la Banque mondiale et l’IFC, une large majorité des PME africaines refusées le sont à cause d’une information financière inexistante ou incohérente.
La deuxième erreur est de confondre activité et stratégie. Être occupé ne signifie pas être structuré. Un business peut générer du chiffre d’affaires et rester non finançable s’il ne peut pas expliquer clairement son modèle économique, ses clients clés et sa trajectoire de croissance. Les financeurs ne financent pas l’énergie ni le volume d’efforts, ils financent une vision lisible et maîtrisée.
La troisième erreur est de demander un financement sans objectif précis. Beaucoup d’entrepreneurs ne savent ni combien demander, ni à quoi servira exactement l’argent. Montant approximatif, usage flou des fonds, absence de plan de remboursement : ces éléments suffisent à bloquer un dossier, même lorsque l’activité est prometteuse. Une entreprise finançable sait expliquer chaque franc demandé et son impact attendu sur la croissance.
La quatrième erreur est de solliciter un financement trop tôt. Sans preuve de marché, sans clients réguliers ou sans historique minimal, l’argent devient un facteur de déséquilibre. Les banques et investisseurs préfèrent financer des entreprises déjà disciplinées plutôt que des projets encore fragiles. Comme le montrent les études de l’OCDE et de l’IFC, le financement précoce mal encadré augmente fortement le risque d’échec des PME.
Enfin, la cinquième erreur est de sous-estimer la crédibilité du dirigeant. Retards administratifs, engagements non tenus, incohérences dans le discours ou manque de transparence nuisent directement à la confiance. Or le financement repose autant sur la solidité de l’entreprise que sur la fiabilité de celui qui la dirige. En Afrique comme ailleurs, un business non crédible n’est pas finançable, même avec une bonne idée.
Sources de référence : Banque mondiale (Enterprise Surveys), IFC – SME Finance, Banque Africaine de Développement, OCDE – Financing SMEs and Entrepreneurs.