La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) constitue l’un des projets économiques les plus ambitieux du continent. Lancée officiellement en 2021, elle vise à créer un marché intégré de plus d’un milliard de personnes. Selon la Banque mondiale (rapport 2020 sur la ZLECAf), sa mise en œuvre complète pourrait sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté et augmenter les revenus du continent de manière significative à l’horizon 2035.
Pourtant, sur le terrain, la majorité des PME francophones ne bénéficient pas encore de cette opportunité. Pourquoi ?
Premièrement, l’information circule mal. Beaucoup d’entrepreneurs ignorent les règles d’origine, les procédures douanières harmonisées ou les produits éligibles à des tarifs préférentiels.
Deuxièmement, les PME manquent souvent de structuration logistique. Exporter vers un pays voisin nécessite conformité documentaire, capacité de production stable et maîtrise des délais.
Prenons un exemple concret : une PME béninoise produisant des jus naturels pourrait théoriquement exporter vers le Niger ou le Burkina Faso avec des avantages tarifaires. Mais si elle ne dispose pas d’une certification qualité reconnue ou d’une capacité de production constante, elle ne peut sécuriser un contrat régional.
Troisièmement, le financement export reste limité. Les banques exigent souvent des garanties supplémentaires pour les opérations transfrontalières.
La ZLECAf représente une opportunité stratégique majeure. Mais elle exige professionnalisation, conformité réglementaire et vision régionale.