Pendant deux mois, tout était simple pour Awa. Un revendeur passait chaque matin et prenait toute sa production. Pas de négociation, pas de déplacement, pas de souci. Elle pensait avoir trouvé la solution parfaite.
Puis un lundi, le revendeur n’est pas venu. Ni le mardi, ni le mercredi. Il était parti au village pour un deuil. En une semaine, Awa avait plus de dix plateaux empilés dans sa réserve, et plus aucun acheteur. Elle a aussi compris que sa facilité apparente cachait une fragilité importante.
Elle a dû vendre en urgence, au rabais, à n’importe qui. Elle a perdu en quelques jours ce qu’elle avait gagné en deux semaines. Et surtout, elle a eu peur de ne plus jamais pouvoir vendre. Elle a aussi appris à garder le contact avec ses anciens acheteurs occasionnels, qui peuvent devenir des solutions de secours.
Un seul client, c’est un seul fil. Le jour où il casse, vous tombez. Trois clients, c’est trois fils : si l’un casse, les deux autres vous tiennent le temps d’en trouver un nouveau.
Awa vend maintenant à un revendeur, à deux boutiques et à un restaurant. Elle gagne un peu moins par plateau sur certains canaux. Mais elle dort tranquille, et cela n’a pas de prix.
——— PASSER DE LA LECTURE AU PROJET Un conseil ne vaut que s’il est chiffré. « Démarrer 100 poules pondeuses avec 600 000 FCFA », le business plan complet : le budget poste par poste, le simulateur Excel pour refaire le calcul avec tes prix, et la trajectoire sur cinq ans.
Et pour la conduite quotidienne, les quatorze mois jour après jour : « Conduire son élevage de pondeuses », 32 pages de la livraison à la réforme, avec les fiches de suivi à imprimer et l’arbre de diagnostic de la chute de ponte.