Moussa avait fixé son prix de plateau en regardant ce que faisaient ses voisins. Tout le monde vendait à ce prix-là, donc il vendait aussi à ce prix-là. Cela lui paraissait logique et sans risque.
Un jour, le prix de l’aliment a augmenté. Les voisins ont gardé leur prix. Moussa aussi. Il continuait à vendre ses plateaux, mais sa caisse se vidait sans qu’il comprenne pourquoi. Il suivait le prix du marché sans jamais regarder ce que lui coûtait réellement chaque plateau.
Nous avons refait le calcul ensemble, ligne par ligne : aliment, poulettes, vaccins, alvéoles. Résultat : chaque plateau lui coûtait plus cher à produire qu’il ne le vendait. Il travaillait gratuitement, et même à perte. Connaître son coût de revient, c’est savoir à partir de quel prix on commence à s’appauvrir.
Le prix de vos voisins n’est pas votre prix plancher. Eux ont peut-être un autre fournisseur, un bâtiment déjà amorti, ou vendent aussi à perte sans le savoir. Votre seule référence, c’est votre propre coût. Ce chiffre protège l’entrepreneur contre les décisions prises sous la pression des concurrents ou des clients.
Moussa a ajusté son prix et négocié un meilleur tarif sur l’aliment. Il a perdu un client, mais il gagne enfin de l’argent. Vendre beaucoup ne sert à rien si chaque vente vous appauvrit.
——— CE CONSEIL A UN PRIX, ET IL EST CALCULÉ Tout ce que j’avance ici repose sur des chiffres relevés et vérifiés. Tu les trouveras en entier dans « Démarrer 100 poules pondeuses avec 600 000 FCFA », le business plan complet : le budget poste par poste, le simulateur Excel pour refaire le calcul avec tes prix, et la trajectoire sur cinq ans.
Et la conduite de l’élevage, étape par étape : « Conduire son élevage de pondeuses », 32 pages de la livraison à la réforme, avec les fiches de suivi à imprimer et l’arbre de diagnostic de la chute de ponte.