Chaque année, des milliers d’entrepreneurs africains répondent à des appels à projets dans l’espoir d’obtenir une subvention. Pourtant, la majorité échoue. Non pas parce que leur idée est mauvaise, mais parce qu’ils postulent sans stratégie. Selon les données de la Banque mondiale et de plusieurs programmes d’accélération en Afrique francophone, les taux de sélection dans les grands appels à projets sont souvent inférieurs à 5 %. Cela signifie qu’une immense majorité des candidats investissent du temps et de l’énergie sans retour.
Le premier problème est l’inadéquation stratégique. Beaucoup d’entrepreneurs ne lisent pas attentivement les critères sectoriels, géographiques ou de maturité. Or les programmes ciblent souvent des secteurs précis (agriculture, climat, digital, inclusion financière) ou des stades spécifiques (prototype validé, traction commerciale, impact mesurable). Postuler sans correspondre précisément au profil recherché réduit drastiquement les chances.
Le deuxième problème est la faiblesse du dossier. Les jurys recherchent des indicateurs clairs : marché adressable, modèle économique, équipe, impact social ou environnemental mesurable. Selon l’OCDE (Financing SMEs and Entrepreneurs Report), la qualité des dossiers est un facteur déterminant dans l’allocation des financements publics et parapublics.
Le troisième problème est psychologique : la dépendance à la subvention. Certains entrepreneurs structurent leur stratégie autour des appels à projets plutôt que autour du client. Or une subvention ne remplace pas un modèle économique viable. Elle peut accélérer un projet déjà solide, mais ne crée pas de viabilité ex nihilo.
Les entrepreneurs qui réussissent dans les appels à projets adoptent une approche sélective et stratégique. Ils ciblent peu de programmes, mais parfaitement alignés avec leur positionnement. Ils utilisent les subventions comme levier complémentaire, non comme fondation unique. En Afrique francophone, les opportunités existent. Mais elles récompensent la préparation, la précision et la discipline.