Aïcha Traoré
02 Feb
02Feb

Au Sénégal, le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) appelle à une réforme du cadre fiscal et réglementaire pour améliorer l’efficacité des fonds d’investissement locaux. Selon son directeur général, Babacar Gning, l’environnement juridique actuel freine le développement de véhicules d’investissement capables de financer durablement le secteur privé, en particulier les PME et PMI, malgré des besoins croissants en capitaux.

Le principal obstacle identifié réside dans un mécanisme de double voire triple imposition qui pénalise lourdement l’investissement. Dans le schéma actuel, les entreprises financées sont imposées sur leurs bénéfices, puis les dividendes versés aux fonds sont à nouveau taxés, avant une troisième imposition lors de la redistribution aux investisseurs. À l’inverse, dans des places financières comme l’Île Maurice ou le Luxembourg, la transparence fiscale permet d’éviter ces distorsions, ce qui explique pourquoi de nombreux fonds opérant en Afrique sont domiciliés hors de la zone UEMOA.

Face à l’ampleur des besoins, les ressources mobilisées restent limitées. Les fonds mis en place par le Fonsis pour les entreprises sénégalaises totalisent environ 85 milliards de FCFA, alors que les PME représentent près de 99,8 % du tissu économique. Pour combler ce déficit, le Fonsis plaide pour un cadre plus incitatif et la multiplication de fonds capables d’investir avec des tickets adaptés, y compris pour les petites entreprises et l’économie informelle.


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