Moussa El Hadj Sow
05 Feb
05Feb

Au Nigeria, Sahel Capital injecte 1,5 million $ dans la filière cacao-cajou via un prêt de fonds de roulement accordé à Rasad Nigeria. À première vue, le montant peut sembler modeste. En réalité, il cible un maillon critique : le financement opérationnel des PME agroalimentaires qui structurent la relation entre petits producteurs et marchés locaux ou internationaux. Dans un pays où l’agriculture souffre d’un déficit de financement estimé à plus de 180 milliards $, ce type d’intervention joue un rôle bien plus stratégique qu’il n’y paraît.

Basée dans l’État d’Ogun, Rasad Nigeria travaille avec plus de 1 000 petits producteurs. Le financement doit lui permettre d’acheter davantage de cacao et de noix de cajou, de mieux rémunérer les agriculteurs en période de récolte et de sécuriser ses flux d’approvisionnement. L’enjeu dépasse la simple croissance d’entreprise : il s’agit de stabiliser les revenus agricoles, réduire l’informalité et renforcer la fiabilité des chaînes de valeur, souvent fragilisées par le manque de liquidités et l’irrégularité des débouchés.

Cette opération illustre une tendance de fond : face à l’incapacité des systèmes bancaires classiques à financer l’agriculture, des fonds spécialisés comme Sahel Capital prennent le relais avec des instruments adaptés. En combinant dette structurée et accompagnement stratégique, ils misent sur des PME capables de créer un impact économique réel, sans dépendre exclusivement de subventions. Pour l’agriculture nigériane, la transformation passera moins par de grands plans que par la multiplication de ce type de financements ciblés, ancrés dans le terrain.





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