Le Maroc franchit une nouvelle étape vers une économie moins dépendante du cash. La Banque africaine de développement a accordé un don de 510 000 dollars à Bank Al-Maghrib, via le Fonds africain pour l’inclusion financière numérique (ADFI), afin de renforcer les paiements électroniques et élargir l’accès aux services financiers. L’objectif est clair : structurer un réseau national d’acceptation des paiements digitaux, notamment chez les commerçants.
Ce soutien s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement des paiements numériques, qui vise à réduire la dépendance au numéraire dans une économie où le cash reste dominant et où l’informel représente près d’un tiers du PIB. Malgré une forte pénétration des smartphones et d’Internet, l’usage des paiements électroniques demeure limité, freinant l’inclusion financière des populations vulnérables, des femmes, des jeunes et des zones rurales. Le financement de la BAD vise ainsi à combler l’écart entre capacités technologiques et usages réels.
Au-delà de la modernisation des paiements, l’enjeu est macroéconomique : intégrer davantage d’acteurs dans l’économie formelle, sécuriser les transactions et faciliter l’accès à des services financiers innovants comme les transferts numériques ou les micro-assurances. Pour la BAD comme pour Bank Al-Maghrib, la réduction du cash constitue un levier structurant pour bâtir une économie numérique plus inclusive, plus traçable et plus résiliente à long terme.