À fin novembre 2025, plus de 100 000 nouvelles entreprises ont été créées au Maroc, selon l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale. Un chiffre symbolique qui confirme la vitalité entrepreneuriale du pays, malgré un contexte économique encore sous tension. Le signal est clair : l’envie d’entreprendre reste forte, et les porteurs de projets privilégient de plus en plus des structures formelles, avec une nette domination des personnes morales, perçues comme plus crédibles et mieux armées pour croître.
Mais derrière le volume, la structure interroge. Le commerce concentre à lui seul plus d’un tiers des créations, suivi du BTP et de l’immobilier, moteurs traditionnels mais peu intensifs en innovation. Les services progressent, le tourisme se stabilise, tandis que les technologies, la finance et l’agriculture restent marginales. Autrement dit, l’entrepreneuriat marocain se développe encore majoritairement dans des secteurs à rotation rapide, mais à faible valeur ajoutée et forte concurrence.
La géographie confirme cette lecture. Casablanca-Settat capte l’essentiel de la dynamique, même si les régions du Sud montent progressivement en puissance. Enfin, la domination écrasante de la SARL à associé unique traduit une réalité simple : beaucoup d’entrepreneurs se lancent seuls, avec prudence, en cherchant avant tout flexibilité et protection juridique. Le défi pour 2026 n’est donc plus de créer davantage d’entreprises, mais de faire émerger des entreprises plus solides, plus innovantes et capables de passer à l’échelle.