Ibrahim Konaté
06 Feb
06Feb

Après près de dix ans d’attente, le Cameroun et la Guinée équatoriale ont franchi un cap décisif en signant l’accord d’unitisation du champ gazier transfrontalier Yoyo/Yolanda. L’accord, conclu à Malabo, encadre l’exploitation conjointe de ce gisement situé à leur frontière maritime et riche d’environ 2,5 TCF de gaz naturel. Plus qu’un acte juridique, il acte une volonté politique claire : transformer un potentiel énergétique longtemps bloqué en projet industriel concret.

Le principe est simple mais stratégique. Les deux pays mutualisent l’exploitation d’une même structure géologique, avec un schéma de développement partagé : une partie du gaz sera traitée au centre de Bipaga au sud du Cameroun, l’autre au complexe industriel de Punta Europa sur l’île de Bioko. Chevron assurera l’opération, aux côtés de la Société nationale des hydrocarbures et de GEPetrol. Ce montage réduit les risques, optimise les infrastructures existantes et accélère la mise en production.

Au-delà du gaz, l’accord envoie un signal fort à l’Afrique centrale : la coopération énergétique régionale devient un levier de souveraineté économique. Condensats, GPL, gaz domestique et gaz industriel alimenteront à la fois les exportations et les besoins locaux. Dans un contexte de recomposition des marchés énergétiques mondiaux, Yoyo/Yolanda illustre une nouvelle logique : partager les ressources pour capter davantage de valeur, plutôt que laisser les frontières bloquer le développement.

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