Bachir DIOP
18 Feb
18Feb

Le financement bancaire en Afrique francophone n’est pas neutre sectoriellement. Les banques privilégient certains secteurs considérés comme plus prévisibles ou stratégiques. Selon les données BCEAO sur la répartition sectorielle du crédit, les services, le commerce et les grandes entreprises captent une part importante des encours. L’agriculture et l’industrie de transformation restent sous-financées malgré leur importance économique.


Pourquoi ? La réponse est liée au profil de risque. Le commerce présente un cycle court, une rotation rapide des stocks et des garanties plus facilement mobilisables. À l’inverse, l’agriculture est exposée aux aléas climatiques et aux fluctuations de prix. Le risque perçu est donc plus élevé.


Cependant, les politiques publiques évoluent. La Banque africaine de développement soutient activement la transformation agro-industrielle à travers ses programmes “High 5”. Les banques commencent à adapter leurs produits, notamment via des crédits saisonniers ou des mécanismes de partage de risque.


Exemple concret : une entreprise sénégalaise de transformation de mangues obtient plus facilement un financement si elle présente un contrat d’export sécurisé avec un distributeur européen. La visibilité sur les flux futurs réduit le risque.


La leçon stratégique : choisir son secteur ne suffit pas ; il faut structurer son activité de manière à réduire le risque perçu. Le secteur influe sur la décision bancaire, mais la structuration reste déterminante.

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