Fatou Bintou Ndiaye
04 Feb
04Feb

Le boom technologique africain fascine. IA, biotechnologies, deep tech : les conférences se remplissent, les acquisitions s’enchaînent et les stratégies nationales se multiplient. En dix ans, les start-ups africaines de deep tech ont levé plus de 3 milliards de dollars, symbolisant l’entrée du continent dans la cour des technologies de rupture. Mais derrière cette vitrine, la machine scientifique reste fragile : la majorité des pays africains investissent moins de 0,5 % de leur PIB dans la recherche, limitant la capacité du continent à capter durablement la valeur de ses innovations.

Cette faiblesse structurelle pèse lourd. Sans laboratoires bien équipés, sans chercheurs formés et sans financements longs, la deep tech africaine risque de dépendre de technologies conçues ailleurs. Les coûts d’accès aux équipements scientifiques, gonflés par des intermédiaires et des chaînes logistiques inefficaces, ralentissent la recherche. Pourtant, les rares pays qui investissent davantage dans la R&D — comme l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Rwanda ou la Tunisie — sont aussi ceux où les start-ups deep tech progressent le plus vite, preuve que la science précède toujours l’innovation commerciale.

Le véritable défi n’est donc pas l’ambition, mais la continuité. Former des talents, financer la recherche fondamentale, relier universités, industrie et investisseurs : c’est là que se joue l’avenir. Sans ce socle, l’Afrique risque de devenir un simple terrain d’application de technologies étrangères. Avec lui, elle peut transformer ses défis sanitaires, climatiques et industriels en solutions mondiales. Le boom est réel, mais seule la recherche lui permettra de durer.

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