Fatou Bintou Ndiaye
06 Feb
06Feb


En annonçant sa volonté de faire de la monétisation des contenus numériques une réalité d’ici 2026, le gouvernement ivoirien s’attaque à un paradoxe devenu intenable : des créateurs massivement consommés, mais faiblement rémunérés. Portée par la ministre de la Culture Françoise Remarck, l’initiative vise à structurer un secteur encore informel, où musique, audiovisuel et contenus digitaux génèrent de l’audience sans créer de revenus durables pour leurs auteurs. L’enjeu n’est plus culturel, il est économique.

La méthode retenue est révélatrice d’un changement d’approche. En associant la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle, plusieurs ministères clés et les grands acteurs de l’industrie musicale internationale, l’État cherche à bâtir un cadre structuré, inclusif et applicable. Droits d’auteur, plateformes numériques, traçabilité des revenus, partage de la valeur : autant de sujets longtemps laissés en suspens, alors même que le numérique est devenu le principal canal de diffusion des œuvres ivoiriennes.

Si le chantier aboutit, l’impact pourrait être majeur. La monétisation effective des contenus transformerait des milliers d’artistes, producteurs et créateurs en acteurs économiques à part entière, capables de vivre de leur talent. Pour la Côte d’Ivoire, il s’agirait aussi de faire émerger une véritable économie créative numérique, génératrice d’emplois, de fiscalité et d’exportations culturelles. Le défi sera de passer rapidement des intentions politiques à des mécanismes concrets, capables de résister aux réalités des plateformes globales.


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